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> L'ex-directeur Du Capc-bordeaux Mis En Examen Pour Une Exposition, (titre lemonde.fr)
Nalesk
* jeudi 23 novembre 2006 à 10:46
Message #1


Admin (au) marteau
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CITATION
L'ex-directeur du CAPC-Bordeaux mis en examen pour une exposition
LE MONDE | 18.11.06 | 13h55 • Mis à jour le 18.11.06 | 13h55

C'est du jamais vu dans l'histoire judiciaire récente : un directeur de musée poursuivi en justice pour le contenu d'une de ses expositions. Le directeur de l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris, Henri-Claude Cousseau, a été mis en examen à Bordeaux, mercredi 15 novembre, pour une exposition qu'il avait organisée en 2000 au Centre d'arts plastiques contemporain (CAPC) de Bordeaux, qu'il dirigeait alors.


Une enquête judiciaire avait été ouverte le 23 octobre 2000 à la suite d'une plainte concernant l'exposition "Présumés innocents - L'art contemporain et l'enfance", organisée au CAPC de juin à octobre 2000. Six ans après, le doyen des juges d'instruction de Bordeaux, Jean-Louis Croizier, reproche à l'ancien directeur du musée d'avoir contribué à montrer des oeuvres à "caractère pornographique, violent, portant atteinte à la dignité de l'enfant", selon les termes d'Annie Gourgue, présidente de l'association La Mouette. Cette association d'Agen, active dans la protection de l'enfance, s'est constituée partie civile après le retrait de la plainte d'un père de famille "choqué" par l'exposition.

M. Cousseau est poursuivi pour deux infractions : la diffusion de messages violents à caractère pornographique ou contraires à la dignité accessibles à un mineur et pour la diffusion de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique.

Les deux commissaires de cette exposition, Marie-Laure Bernadac, aujourd'hui conservatrice au Louvre, et la critique d'art Stéphanie Moisdon-Trembley, sont convoquées début décembre à Bordeaux. Selon leur avocat, Me Emmanuel Pierrat, elles pourraient être mises en examen pour les mêmes motifs. "Une grande partie de ces oeuvres sont aujourd'hui sur les cimaises de musées du monde entier, constate l'avocat, perplexe. Il faut croire qu'il y a une exception culturelle à Bordeaux."

La plainte déposée en 2000 visait aussi vingt-cinq artistes et leurs créations sur les quatre-vingts invités par l'exposition, et non des moindres : Annette Messager, Christian Boltanski, Mike Kelley, Cindy Sherman, Tony Oursler, Nan Goldin, Marlene Dumas, Gary Gross, Carsten Höller... Malgré des commissions rogatoires nationales et internationales - qui expliquent en partie la lenteur de l'instruction - aucune oeuvre n'a été récupérée par le juge d'instruction. "Il n'est pas question de porter atteinte à la liberté de l'artiste, souligne Me Christine Maze, le conseil de Mme Gourgue. Nous nous basons sur le terrain de la protection de l'enfant qui doit être considéré dans un débat global. Si l'exposition avait été réservée aux adultes, on n'aurait pas porté plainte. Dans ce cas précis, les précautions prises n'ont pas suffi à protéger les mineurs."

Selon la direction de l'époque du CAPC, des précautions avaient bien été prises pour permetttre au public d'éviter les oeuvres les plus dérangeantes : des scènes filmées de masturbation, des dessins faussement naïfs connotés sexuellement, des animaux dotés de sexes humains... L'exposition a enregistré 24 000 entrées, dont celles de 1 550 scolaires. Mais ce jeune public suivait un itinéraire adapté dans l'exposition. Seuls deux professeurs sur les quarante-neuf écoles élémentaires se seraient plaints. Les créations les plus crues étaient installées dans un pièce fermée avec, souvent, un gardien à l'entrée et, systématiquement, un panneau d'avertissement, assure le CAPC. Un message était mis en évidence à l'entrée du musée.

"Si vraiment l'exposition était à caractère pornographique, pourquoi la brigade des moeurs, a-t-elle laissé faire ?", s'interroge Me Richard Malka, conseil de M. Cousseau. "Cette affaire est grave, car, quel que soit son aboutissement judiciaire, le mal est fait, poursuit-il : plus aucun conservateur n'osera à l'avenir réaliser ce type d'exposition, ni aucun politique le soutenir."

A la lecture du catalogue, Alain Juppé, le maire (RPR) de Bordeaux et principal financeur du musée municipal, avait refusé d'inaugurer l'exposition. Il avait même interdit à ses adjoints d'assister au vernissage (Le Monde du 10 juillet 2000). Mais il n'imaginait pas ces soubresauts judiciaires : "J'espère que l'on ne va pas revenir au temps des procès d'Oscar Wilde ou de Baudelaire (...)". Son cabinet ne souhaite pas s'exprimer davantage aujourd'hui. Il a simplement indiqué la mise à disposition, comme le prévoit la loi, de l'avocat de la ville si l'ancien directeur des musées de Bordeaux la demande.
Claudia Courtois
Article paru dans l'édition du 19.11.06

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Accusé artiste, levez-vous !
LE MONDE | 22.11.06 | 16h33 • Mis à jour le 22.11.06 | 16h33

Une semaine après la mise en examen du directeur de l'Ecole nationale des beaux-arts de Paris, Henry-Claude Cousseau, pour une exposition organisée en 2000 au CAPC Musée d'art contemporain de Bordeaux, dont il était alors le directeur (Le Monde daté 19-20 novembre), les voix se multiplient pour dénoncer cette "atteinte à la liberté artistique".

Intitulée "Présumés innocents - L'art contemporain et l'enfance", l'exposition avait provoqué l'émoi d'une association active dans la protection de l'enfance, La Mouette, basée à Agen, laquelle s'était portée partie civile après le retrait de la plainte d'un père "choqué" par les oeuvres exposées. Une enquête judiciaire avait été ouverte le 23 octobre 2000.

Six ans plus tard, M. Cousseau est poursuivi pour deux infractions : la diffusion de messages violents à caractère pornographique ou contraires à la dignité accessibles à un mineur ; la diffusion de l'image d'un mineur présentant un caractère pornographique. Les deux commissaires de l'exposition, Marie-Laure Bernadac, aujourd'hui conservatrice au Louvre, et la critique d'art Stéphanie Moisdon-Tremblay doivent comparaître le 19 décembre à Bordeaux.

Vingt-cinq artistes, parmi les quatre-vingts qui étaient représentés, sont visés par la plainte. Parmi eux, des figures de l'art contemporain comme les plasticiens français Christian Boltanski et Annette Messager, les photographes américaines Nan Goldin et Cindy Sherman.

Artistes, historiens d'art, enseignants, galeristes, conservateurs de musée, chercheurs : tous manifestent leur stupéfaction devant une décision qui leur paraît tardive et peu motivée. Dans un appel intitulé "Nos libertés, nos droits", ils s'inquiètent "des menaces qui pèsent sur nos libertés de pensée, de création et d'expression". Cette pétition a été lancée, le 18 novembre, par la critique d'art Catherine Strasser, les artistes et enseignants aux Beaux-Arts de Paris Didier Semin et Emmanuel Saulnier, et l'ancien président du Centre Pompidou, François Barré. "Alors que les médias, la publicité (...) utilisent les images de la violence au service de mobiles commerciaux et les diffusent massivement, nous nous indignons que soit nié le statut, durement conquis au fil des siècles dans notre civilisation, des oeuvres d'art, de ceux qui les produisent et de ceux qui les accompagnent", proclame l'appel. Il poursuit : "Cette mise en examen nous concerne tous, comme elle concerne chaque citoyen, car la liberté est un bien commun et la création artistique, l'inaliénable expression de la culture."

"Cette décision est tout simplement anormale", résume Antoine de Galbert, qui dirige la fondation d'art contemporain La Maison rouge, à Paris, et a rallié un appel déjà signé par plus de 1 500 personnes et institutions, à la surprise de ses initiateurs.

UN DOMAINE À PART

Prudemment, mais sans ambiguïté, le ministre de la culture et de la communication, Renaud Donnedieu de Vabres, a pris la défense d'Henry-Claude Cousseau, "dont l'éthique personnelle est une réalité et les compétences sont reconnues". "Les artistes jouissent d'un degré supérieur de liberté par rapport au commun des mortels, car leur rôle est d'exprimer les craquements et les fureurs du monde", a estimé le ministre, tout en soulignant la "dimension particulière" de cette affaire, en raison de l'exposition d'images d'enfants. "Que la procédure judiciaire suive son cours", a-t-il pris soin d'ajouter.

L'art est un domaine à part, pense aussi l'historien de l'art Paul Ardenne, récent auteur d'un essai intitulé Extrême, esthétiques de la limite dépassée (Flammarion). "La permissivité traditionnelle dont bénéficie l'art est problématique, c'est un fait. Certains actes que l'on autorise au nom de l'art verraient dans l'instant leurs auteurs envoyés devant le juge si ceux-ci étaient réalisés dans l'espace civil de la vie réelle. Ceci n'autorise toutefois pas, comme c'est ici le cas, de donner crédit à des plaignants suspects d'incarner la défense de l'esthétique dite de bénitier", tranche l'historien. Il note par ailleurs que les oeuvres mises en cause ont un caractère bien "sage" par comparaison avec certaines performances des années 1960 et 1970.

"Le pire, outre une condamnation de Henry-Claude Cousseau, serait la tentation de l'autocensure, de peur des poursuites pénales. Nous devons veiller à ne pas être faibles", prévient Paul Ardenne. Claude Lévêque, qui a participé à l'exposition mais n'est pas visé par la plainte, rappelle qu'"un musée est un lieu où personne n'est contraint d'aller, et où ne doit avoir lieu aucune censure. Un artiste qui a envie de peindre un enfant est tout de suite associé à la pédophilie, alors que les tableaux de la Renaissance sont pleins de ce genre de motifs", plaide-t-il.

Les suites de la procédure judiciaire sont très attendues. "J'ose espérer que c'est une action isolée", avance le président du président du Centre Pompidou, Bruno Racine, qui rappelle deux principes : "La liberté de l'artiste, que nous devons défendre mordicus, et la responsabilité de l'institution à l'égard du public." Une condamnation de M. Cousseau aurait la même ampleur que "l'interdiction de Madame Bovary de Gustave Flaubert", estime pour sa part Christian Bernard, directeur du Musée d'art moderne et contemporain de Genève.

"Ce qui se profile ici, c'est une légalisation de l'interdiction de penser", pointe l'écrivain et critique d'art Jean-Charles Massera, qui a participé au catalogue de l'exposition du CAPC. Il ajoute : "C'est tout simplement inadmissible, mais c'est la possibilité qu'offre l'incapacité criante du droit français à cadrer cette question."
Bérénice Bailly, Clarisse Fabre et Nathaniel Herzberg
Article paru dans l'édition du 23.11.06

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L’art présumé coupable

Au nom de la protection de l’enfance, l’ancien directeur des musées de Bordeaux est mis en examen pour «diffusion d’images à caractère pornographique» et «corruption de mineurs». Une dérive moralisante de plus dans une époque de plus en plus aseptisée et lisse.

« Présumés innocents. L’art contemporain et l’enfance », tel était le titre d’une exposition qui eut lieu du 8 juin au 1er octobre 2000, au Musée d’art contemporain de Bordeaux. L’exposition réunissait quelque deux cents œuvres d’artistes internationaux autour du thème de l’enfance. Six ans plus tard, le directeur des musées de l’époque (aujourd’hui directeur de l’Ecole nationale des Beaux-arts de Paris), Henry-Claude Cousseau, a été mis en examen pour « diffusion d’images à caractère pornographique » et « corruption de mineur ». « Si on se met en tête de fixer des limites pour l’art, qui va les définir, où va-t-on les placer ? Ce serait un inacceptable retour en arrière », a-t-il réagi, abasourdi.

A l’origine de sa mise en examen, une association, La mouette, une de ces nombreuses associations dont l’objectif officiel est de venir en aide à l’enfance « en danger » et qui se transforme régulièrement en censeur impitoyable dès qu’une publicité ne lui plaît pas, qu’une image lui paraît offensante, ou qu’un artiste « va trop loin ». Une des meilleures définitions que l’on pourrait donner de l’art moderne serait peut-être celle d’art qui « va trop loin ». Trop loin dans l’inutile, trop loin dans le vulgaire, trop loin dans le mauvais goût. L’art contemporain est là pour briser les frontières, ou en créer d’autres, pour établir des non-limites et déborder dans les marges. On n’y comprend parfois rien, mais c’est voulu, il n’y a parfois rien à comprendre. L’art contemporain devance sa propre modernité, donc se retrouve en décalage par rapport à l’époque qui ne l’est jamais, moderne. L’art contemporain est insaisissable, inclassable, incassable. Les musées ne lui suffisent parfois pas, il peut s’installer dans la rue, et déborder plus loin encore. L’art contemporain n’a que faire de la bienséance, de la "bienpensance", de la religiosité ou de la pudibonderie des uns ou des autres. S’il se préoccupait de cela, il ne ferait rien, sinon tourner en rond, s’ennuyer, nous ennuyer, et mourir. L’art contemporain est d’abord de l’art. Aujourd’hui, l’art ne peut plus exister. Contemporain, moderne, ou autre.

Parce que pour exister aujourd’hui, l’art ne doit plus fumer, ne plus boire, ne plus conduire vite, ne plus tousser sans mettre sa main devant sa bouche, ne plus parler de drogue, ne plus parler de prostitution, de sexe, d’animaux, de juifs, de musulmans, de chrétiens, de guerre, de gros, de grands, de petits, et, donc, d’enfants. Interdits, ces sujets. L’art pour exister doit aujourd’hui trouver les moyens d’entrer dans une boîte de plus en plus étroite, de plus en plus bourrée de mises en garde, de barrières, de garde-fous, de pare-feu, d’avertissements. Les coupables ? Ces centaines d’associations qui n’ont rien d’autre à faire que nous laisser penser que tout est un danger pour tous, que les citoyens français (ou autres) qui regardent la télévision, visitent les musées, lisent les journaux ou écoutent la radio, ne sont pas en mesure de faire le tri entre le bon et le mauvais, le décent et l’indécent, l’admissible et l’inadmissible. Ces associations, créatrices de communautarismes, ont développé et renforcé un arsenal juridique qui leur permet désormais de demander des comptes, devant les tribunaux, aux différents créateurs, animateurs, humoristes ou directeurs d’exposition coupables, selon eux, de dangereuses dérives.

Quelques semaines après la fin de l’exposition « Présumés innocents », l’association La mouette s’était déjà manifestée et avait soulevé quelques réserves sur certaines œuvres. Profitant de l’émotion souvent délirante que provoque toute affaire de pédophilie dans l’opinion publique, ses membres ont estimé que les responsables de cette exposition avaient dépassé les bornes. Vingt-cinq œuvres en tout sont pointées du doigt, et « l’indignation d’un père de famille choqué par ce qu’il avait vu dans l’exposition » serait à l’origine de la plainte de l’association. Une personne « choquée » ou « indignée », et ça suffit pour mettre en branle (si j’ose dire) tout le cirque vertueux de ces ultraconservateurs qui se cachent derrière une cause noble (protéger les enfants contre les abus qu’ils pourraient subir) pour imposer leurs diktats moraux d’un autre temps.

L’art est à l’image de la société. La société d’aujourd’hui dépense de l’argent dans des campagnes de publicité demandant aux gens de mettre la main devant la bouche quand ils éternuent pour éviter la propagation des virus. D’autres spots nous montrent comment le tabagisme passif ruine la santé des non-fumeurs. D’autres encore combien il est nuisible de fumer des pétards. Mais la plus grande cible de ces associations, et de loin, c’est Internet. A écouter, ou à lire les rapports de ces chevaliers blancs, la Toile ne serait rien d’autre qu’un vaste réseau de pédophilie organisé, qu’un infini boulevard du crime sans foi ni loi qui serait le piège absolu pour tout mineur qui s’y connecterait. Internet, on y tue, viole, découpe et pervertit des centaines d’esprits par jour, à entendre ces pères et mères la pudeur. Donc, il faut « protéger nos enfants » de la Toile. En fait, il faut protéger nos enfants de tout, ou pas loin. Du McDo, de Coca Cola, des OGM, des reality shows, de la star academy, des films d’action, des films érotiques, des dessins animés, des mangas, des romans de science-fiction, des romans policiers... de tout. L’enfant est une personne innocente qu’il faut sauver de toute tentation possible et imaginable. La société est devenue un camp scout, sans masturbation autorisée. Sans feu non plus, de peur d’embraser toute la forêt. Dans cette société-là (que veux-tu que je sois, un ange ou un cobra, un tueur ou un rat), l’inspiration n’a pas sa place. L’inspiration, ce mystérieux élan indéfinissable qui fait de l’artiste un créateur, ou du créateur un artiste. L’inspiration. Sans règle, sans marge, sans barrière. Libre presque comme l’air. Et dont il résulte tout, parfois, ou n’importe quoi. L’artiste peut tout exprimer, au nom de l’inspiration. Certains critiques, dont c’est le travail, jugeront s’il s’agit de merde ou de beauté. De chef d’œuvre ou de rien. Du cochon ou du maigre. Le critique, en quelque sorte, estime. Evalue. Le censeur, lui, aux noms de principes moraux, et légaux, juge. Et le cas échéant, tranche. Guillotine.

La France, le beau pays de l’ordre juste royaliste, ne connaît pas la censure, nous dit-on. On peut tout dire, tout exprimer. Tout montrer. La preuve que non. Un directeur d’exposition, six ans après l’exposition, mis en examen, c’est la démonstration d’un virage brutal du pays vers un mieux-pensant culturel terrifiant. L’art soudain prend lui-même une dangereuse direction : vers une pensée unique, molle et orientée, ayant pour but de conforter les opinions plutôt que d’intriguer, de faire réfléchir, d’interroger les esprits. Surtout ne plus choquer, ne plus surprendre, ne plus énerver. Des tournesols, de jolis champs, quelques portraits, un clair de lune, à la rigueur, mais pas des yeux derrière la tête, pas de corps tronqués, pas de nudité exposée, pas de sexe offert, pas de sang, pas de blessures, pas d’extrême, rien qui dépasse. L’art, du coup, n’est plus l’art. Contemporain ou pas, il n’existe plus. Il devient une sorte de programme politique, un catalogue de bonnes intentions, un copié-collé de vœux pieux. Le danger, lui, a déserté. La prise de risque, l’audace, la provocation n’ont plus droit de cité. Il n’y en a plus que pour la « protection », la « mise en garde ».

Les strings dénudent trop, les défilés décharnent trop, la musique rend violent et les hamburgers gros. Et les expositions pervertissent les esprits, l’art contemporain dépasse les bornes. Il y en a tellement, de bornes, que pour ne pas les dépasser, il faudrait carrément arrêter d’avancer. Attendre, immobile, la sentence. Notre peine.

Article d'Agoravox

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A la lecture de ces textes, plusieurs questions me viennent... Peut-on limiter l'art ?
Dans le cas présent, s'il y a blâme à infliger, qui doit être puni ?
Après les années 60-70, peut-on dire que nos mœurs ont évolué ou bien sont-ce nos référents culturels qui ont changé ?


Vi je sais c'est une chouette tartine...


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Synodre
* jeudi 23 novembre 2006 à 11:19
Message #2


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on peut rapprocher ce topic à celui sur les limites de l'art (même si ce n'est pas exactement la même chose, c'est proche tongue.gif)

Je suis désolée mais j'ai n'ai vraiment pas le courage de lire ces pavés de texte (le mal de tête n'aide pas heureux43.gif) mais j'avais lu cette info sur google news donc je sais à peu près de quoi ça parle smile1.gif, je ne sais pas exactement ce qu'il y avait dans cette expo donc difficile de juger mais certains artistes ne cherchent que la provocation et dans ce cas je ne vois pas en quoi en peut considérer ces créations comme des oeuvres d'art.

Selon moi une oeuvre d'art peut choquée mais elle doit faire passer un message, exprimer qlqc et pas seulement choquer pour faire parler de son auteur...

Je trouve que depuis quelques années la société s'américanise (pour le côté puritain), on est choqué pour un rien, on hurle au scandale pour rien, ... je prendrais l'ex. d'une expo de photos (j'ai vu ça dans un journal sur france3) où les organisateurs ont du couvrir les vitres de la galerie et installer une pancarte précisant que seuls les plus de 16 ou 18 ans je ne sais plus avaient le droit d'entrer. Pourquoi ? parce que l'une des photos rendait hommage à l'origine du monde de Courbet... ben ça je trouve ça ridicule... à quand cette interdiction au musée d'Orsay ? err.gif


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Heyoka
* jeudi 23 novembre 2006 à 13:58
Message #3


Jacasseur
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Pas grand chose à ajouter, tout ce que je pense est dans l'article d'Agoravox.
Il est évident que nous avons beaucoup moins de liberté d'expression qu'avant les années 70.
Mais cela n'a pas l'air d'inquiéter grand monde...
Information très intéressante, merci Nalesk.


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canard malin
* jeudi 23 novembre 2006 à 17:47
Message #4


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Que l'on puisse amener devant la justice un directeur de musée pour une expo me fait carrément peur. On copie le puritanisme américain...ça va vraiment trop loin maintenant. Mais venant de "La Mouette" cette attitude ne m'étonne pas, Ce sont d'affreux puritains qui voudraient tout interdire sous prétexte de protéger les enfants. Il y a une limite, à mon avis, à la protection des enfants car on ne peut les maintenir continuellement dans un cocon si non comment feront-ils arrivés à l'âge adulte pour affronter la vie ?


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C'était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune,
Comme un point sur un i.
A. de Musset

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